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CONCERTONET.COM July 7, 2008 Bienfaits et méfaits de la chaleur en musique Pour le sixième des huit concerts donnés dans le cadre d'un cycle monumental consacré à l'intégrale des symphonies et concertos de Beethoven, Kurt Masur et l'Orchestre national de France ont choisi de programmer un triptyque classique comportant successivement une ouverture, un concerto et une symphonie. Lorsqu'il monta sa troisième production, Les Créatures de Prométhée, le danseur et chorégraphe Salvatore Viganò (1769-1821) demanda au jeune Beethoven d'en trouver la musique. Cette composition n'est pas un chef-d'œuvre et n'aspire d'ailleurs pas à l'être ; elle est avant tout une musique de circonstance, un divertissement mélodique, en tout cas un matériau brut que Beethoven réutilisera ultérieurement (le thème principal du finale étant notamment reproduit dans le dernier mouvement de la symphonie " Héroïque "). L'Ouverture de cette pantomime, créée en mars 1801, en est la partie la plus célèbre. Vigoureuse, faisant dialoguer cordes et vents dans un style qui a depuis longtemps déjà quitté le classicisme viennois d'un Haydn, elle permet à l'Orchestre national de France de faire montre de qualités reconnues, qu'il s'agisse de la cohésion des cordes, de la justesse des vents, ou de l'élan de l'interprétation. Depuis qu'il a été créé en 1955, le Beaux-Arts Trio compte parmi les formations les plus réputées dans le répertoire de la musique de chambre. Sa venue est d'autant plus attendue que sa collaboration avec Kurt Masur est ancienne (ils ont gravé ensemble le Triple concerto pour Philips en 1994 et l'ont déjà donné au Théâtre des Champs-Elysées le 23 février 2006) et qu'il s'agit là de son dernier concert public en Europe, ce qui explique peut-être la présence des caméras en sus des micros afin de conserver par l'image ce véritable testament musical. Bien qu'il puisse s'apparenter aux concertos grossos ou aux symphonies concertantes du XVIIIe siècle qui, déjà, opposaient un groupe d'instruments solistes à un orchestre, le Triple concerto (composé en 1804, publié en 1807 et créé en 1808) est totalement novateur tant dans la forme que dans la variété des climats. D'emblée, Kurt Masur choisit de le placer sous les auspices de la plus infinie délicatesse, accentuant ainsi le caractère chambriste et intimiste de l'œuvre. La subtilité du jeu déployé par Antonio Meneses (notamment dans le Largo, émouvant au possible), l'attention parfois tendue de Daniel Hope et l'enthousiasme cabotin de Menahem Pressler créent une parfaite alchimie où l'écoute mutuelle, l'osmose des esprits et la complicité, chaleureuse et visible de bout en bout, font merveille. A l'unisson de la conception adoptée par les solistes, Masur dirige l'Orchestre national de France avec une très grande attention, quitte à tomber parfois dans une réserve un peu excessive, veillant en tout cas à ce que celui-ci ne couvre jamais les protagonistes du concerto. Les accents hongrois (sic!) du Rondo alla polacca concluent l'œuvre de façon magistrale avant que, ovationné par un public conquis, le Beaux-Arts Trio ne lui offre le finale du Premier trio en guise de bis. |


