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LE FIGARO November 19, 2005 La soirée des mouvements lents Kurt Masur dirige Tchaïkovski Le début et la fin du deuxième concert du cycle Tchaïkovski programmé par l'Orchestre national sous la direction de Kurt Masur avaient de nombreux points communs. Dans la Sérénade pour cordes et dans la 5e Symphonie, qualités et défauts étaient sensiblement les mêmes. Dans chaque cas, on était frappé avant tout par un jeu d'orchestre remarquable. Cohésion des pupitres de cordes dans la Sérénade, où l'on admirait la lumière des violons, au pianissimo timbré, la chaude sobriété des altos, le chant éperdu des violon-celles, magnifiquement emmenés par Raphaël Perraud. Energie d'attaque du tutti dans la Symphonie, avec une mention pour le cantabile du cor solo Vincent Léonard et la présence sans dureté des timbales de François Desforges. Dans chaque cas, un premier mouvement excessivement appuyé: trop symphonique du fait d'un effectif pléthorique dans la Sérénade, trop étiré dans la Symphonie. Dans chaque cas, une valse manquant d'élégance, mais aussi un finale de fière allure, voire chauffé à blanc dans la coda de la 5e, impressionnante course à l'abîme. Et dans chaque cas un mouvement lent inspiré, au lyrisme élégiaque extrêmement prenant. Ce fut d'ailleurs la soirée des adagios, car c'est dans ceux-ci que le violoncelliste Alexander Kniazev, soliste des Variations rococo, se montra sous son meilleur jour, avec sa sonorité glorieuse et son phrasé généreux, à fleur de peau. Sa tendance irrépressible à nous jouer constamment Crimes et Châtiments là où l'on attendrait une délicate pièce de salon reste affaire de goût: au moins défend-il une conviction. Plus difficile, en revanche, de transiger sur un jeu anarchique, peu assuré techniquement, systématiquement pris en défaut dans les passages de virtuosité. Etrange impression d'inachèvement, à laquelle ne nous avait pas préparés son récent enregistrement de cette œuvre chez Warner, d'une tout autre qualité. |


