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LE FIGARO April 27, 2008 Le poids de la fatalité La Symphonie no. 5 de Tchaïkovski dirigée par Kurt Masur au TCE Christian Merlin Éternelle question faut-il coordonner la programmation d. salles de concerts ? Il est certes passionnant de comparer les interprétations d'une même oeuvre, mais parfois les télescopages sont exagérés. Jeudi soir au Théâtre des Champs-Élysées, l'Orchestre national de France dirigé par Kurt Masur proposait ni plus ni moins que la cinquième version de kt Symphonie no.5 de Tchaikovski de la saison parisienne, après Gergiev et le Philharmonique de Vinsse, Temirkanov et le Philharmonique de Saint-Pétersbourg, Honeck et le Philharmonique de Radio France et Sokhlev et l'Orchestre national du Capitole de Toulouse ! Cela dit, le public en redemande. On le comprend, tant Kurt Masur, 81 ans, parvient à placer l'oeuvre dansun climat d'accablement qui fait peser sur l'orchestre et la salle tout le poids de la fatalité. Cette lecture creusée donne à l'oeuvre un visage différent de la direction élastique et dédramatisée tic Temirkanov, ou des excès sonores assez vulgaires de Gergiev. À la veille d'une tournée américaine, National déchiffre au mieux les intentions de son directeur musical, à commencer par le pupitre d'altos, emmené avec enthousiasme par Sabine Toutain et Teodor Coman, et celui des contrebasses, dont rengagement physique et la densité sonore sont palpables sous la bannière de son nouveau leader, la jeune Bulgare Mana Chirokoliyska. En première partie, Masur avait laissé la baguette lotes assistant, le Suisse Simon Gaudenz, pour les Shadows of Time de Dutilleux. Ce jeune chef, qui tient sa baguette de la main gauche, fait preuve d'aplomb et de rigueur, même s'il demeure un peu raide et carré dans une musique autrefois magnifiée par la souplesse féline d'Ozawa. S met toutefois en valeur la richesse d'orchestration, même si la nouvelle version pour voix de femme fait regretter la mouture originale où trois voix d'enfants apportaient une émotion plus poignante. |


